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François Hollande, le flou d'Etat permanent

Hervé Morin, président du Nouveau Centre, regrette la confusion des dernières déclarations de François Hollande et du Gouvernement Ayrault. L'art du flou, marque de fabrique du Président de la République, a laissé la place à un brouillard permanent qui ne masque pas les premiers renoncements du nouveau chef de l'Etat et de son Gouvernement.

Les craintes que nous avions exprimées avant l'élection présidentielle sont malheureusement en train de se vérifier un peu plus chaque jour. Les premiers pas du Président Hollande sur la scène internationale sont à l'image des premiers pas du Gouvernement Ayrault sur la scène nationale : on oscille entre un flou maladroitement orchestré et un brouillard total, qui ne parviennent toutefois pas à masquer l'imprécision et l'impréparation de cette nouvelle équipe.
La présence des troupes françaises en Afghanistan, la réforme des rythmes scolaires ou le financement de la réforme des retraites sont autant de dossiers, fondamentaux pour notre pays, qui marquent le tâtonnement et les premiers renoncements de l'équipe en place.

Etonnamment, la présentation des modalités précises de la réforme des retraites a été repoussée aux lendemains des législatives ; le Gouvernement éprouverait-t-il quelques difficultés à expliquer aux Français comment il compte financer cette promesse de campagne, dont le coût est estimé à plusieurs milliards d’euros ? Le Gouvernement voudrait-il cacher aux Français que cette réforme ne pourra se faire sans une augmentation des cotisations patronales et salariales ? Je n'ose imaginer que cela soit par peur d'une sanction dans les urnes les 10 et 17 juin prochains que le Président de la République repousse cette première réforme…

Du côté de l’éducation, enjeu primordial pour l’avenir de notre pays, la clarté n’est pas non plus au rendez-vous. Après l’annonce d’un changement des rythmes scolaires par Vincent Peillon dès la rentrée 2013, taclée par Ségolène ROYAL, Jean-Marc AYRAULT a repris son ministre de l’Education pour expliquer que les choses n’étaient pas aussi simples…

Enfin, après avoir maintes fois répété pendant toute la campagne qu’il retirerait toutes les troupes françaises d'Afghanistan d’ici à la fin de l’année, François Hollande a valsé sur les arrangements linguistiques, un double langage pour jouer un double jeu : du retrait total nous avons glissé vers le simple retrait des troupes combattantes, le tout se heurtant à la complexité de la situation sur place que François Hollande vient manifestement de découvrir. Résultat, le calendrier fixé par le nouveau chef de l'Etat sera sensiblement le même que celui établi par Alain Juppé. Tout ça pour ça.